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Comment Facebook a pratiqué une modération des contenus à deux vitesses

Comment Facebook a pratiqué une modération des contenus à deux vitesses



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Le conseil de surveillance de Meta épingle la modération des contenus de Facebook et Instagram. La firme américaine pratiquerait une suppression des contenus à plusieurs vitesses en privilégiant des comptes VIP, partenaires commerciaux de longue date. Dans son rapport, l’autorité de contrôle demande une correction du système de modération.

Classement des utilisateurs

D’après le conseil de surveillance de Meta, c’est l’utilisation du programme cross-check qui poserait problème. Alors que ce dernier est censé défendre les droits de l’Homme, “nous avons constaté que sa structure semblait davantage liée à des considérations d’ordre commercial” dans la modération des contenus, affirme le conseil. Ce manque de “transparence” profiterait à des célébrités et entreprises qui font gagner de l’argent à Meta.

Cette liste VIP comprendrait des profils susceptibles de générer de l’argent pour l’entreprise, soit par le biais de relations commerciales formelles, soit en attirant des utilisateurs sur les plateformes de Meta (Instagram, Facebook, WhatsApp), rappelle le Guardian.

Avec ce système, le signalement du post d’un utilisateur lambda est traité prioritairement et sa suppression intervient rapidement. A contrario, le signalement du contenu d’un utilisateur dit VIP est traité avec un temps de latence beaucoup plus important. Meta attend en réalité l’intervention d’un modérateur humain. Une procédure qui contribue à exposer plus longuement une publication problématique.

Le cas Neymar sur la table

“Autrement dit, à cause du système cross-check, le contenu identifié comme étant en infraction avec les règles Meta reste en ligne sur Facebook et Instagram alors qu’il est extrêmement viral et potentiellement nuisible”, affirme le conseil dans son rapport. Dans un article publié en septembre 2022, le Wall Street Journal dévoilait les contours de ce système et parlait d’une “élite secrète […] exemptée” des règles classiques de modération.

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En 2019, le programme cross-check a été utilisé dans le cadre de l’affaire Neymar. Accusé de viol, le footballeur brésilien avait répondu en publiant des vidéos de sa correspondance privée avec la victime présumée. Des photos dénudées et les informations personnelles de cette dernière avaient ainsi été diffusées. Viral, le contenu n’a été supprimé qu’après une intervention humaine, un jour plus tard. Dans le même temps, la sanction classique visant à désactiver son compte n’avait pas été prise, selon le journal.

“Dans le cas de Neymar, il est difficile de comprendre comment des images intimes non consensuelles publiées sur un compte comptant plus de 100 millions d’abonnés n’auraient pas été placées en tête de liste pour un examen rapide”, interroge aujourd’hui le conseil de surveillance de Meta. Les exemples de modérations retardées sur les comptes favorisés sont nombreux. Plusieurs profils VIP ont notamment partagé de fausses informations à propos des vaccins, de la Covid ou encore de la candidate démocrate Hillary Clinton.

32 recommandations formulées

Afin de mettre fin à cette impunité sélective, le conseil demande à Meta de changer son processus de modération des contenus sur Facebook et Instagram. Dans le détail, l’autorité de surveillance recommande des ressources supplémentaires pour répondre au “volume de contenus demandant un examen supplémentaire”. Des explications supplémentaires sur le fonctionnement du programme cross-check sont parallèlement demandées, tout comme une meilleure prise en compte des “expressions importantes pour les droits de l’Homme, et notamment celles d’intérêt public”. Au total, 32 recommandations sont formulées.

Nick Clegg, président des affaires mondiales de Meta, assure de son côté que des réponses seront apportées aux préoccupations du Conseil de surveillance dans un délai de 90 jours.

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