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Le Wyoming refuse de disparaître avec son charbon

Le Wyoming refuse de disparaître avec son charbon



Alan Hall, entrepreneur capital-risqueur de plus de 70 ans, a récemment proposé de convertir le charbon en pétrole en distillant les hydrocarbures contenus dans le charbon à Gillette, dans le Wyoming. Accompagné par son fils et un collaborateur, il a visité les locaux encore déserts du Centre d’innovation du Wyoming pour convaincre les responsables économiques du comté de soutenir son projet.

Avec son jean, ses bottes de cow-boy et sa veste, Alan Hall a un air d’aventurier qui perpétue les légendes de l’Ouest américain. Dans un discours bien rodé, il promet monts et merveilles aux responsables économiques du comté. Il explique que sa mission est de sauver le charbon en maintenant les mines ouvertes, en conservant les emplois et en organisant la transition de l’industrie. Le procédé consiste à utiliser une licence de la société Renuva pour distiller les hydrocarbures contenus dans le charbon et produire du pétrole. Le résidu de charbon produit sera ensuite utilisé pour fabriquer du charbon de bois. Alan Hall promet qu’une tonne de charbon produira deux barils de pétrole, soit 318 litres.

Alan Hall, qui a nommé opportunément son entreprise Blue Sky Energy, a proposé d’installer dix usines mobiles d’ici la fin de 2024, dont deux dès cet été, dans les locaux du Centre d’innovation du Wyoming, à 1 kilomètre d’une centrale électrique à charbon et en lisière du chemin de fer. Chaque unité coûtera 10 millions de dollars (9,2 millions d’euros), consommera 100 000 tonnes de charbon et emploiera soixante personnes. Il entend faire fortune en vendant son pétrole et son charbon de bois, et ne demande pas de subventions, seulement du charbon en quantité illimitée et des autorisations express pour s’installer.

Jim Ford, l’un des dirigeants du comté, a été assez impressionné pour écouter leur proposition après avoir discuté longuement du projet. Il a déclaré qu’il y avait beaucoup d’entreprises qui ne se décident jamais, mais que Blue Sky Energy était assez sérieuse pour qu’on l’écoute. Il a vu passer des centaines de projets similaires pour exploiter les richesses charbonnières ces dernières années, mais la seule entreprise qui soit sérieusement là, c’est Atlas Carbon, une société qui multiplie les applications à partir du carbone.

Alan Hall s’est inquiété de savoir si son discours sur le charbon transformé en pétrole satisfera les exigences sur le narratif ESG, c’est-à-dire l’affichage de critères environnementaux et de gouvernance. Son interlocuteur, Jim Ford, a répondu sobrement : « Je ne pense pas que cela suffira », mais l’a rassuré sur l’absence d’activistes dans la région en disant qu’il n’y aura pas de piquets. Le fils d’Alan Hall a plaisanté en disant qu’ils viendront peut-être de Washington à bord de leur avion à panneaux solaires.

En bref, Blue Sky Energy, une entreprise de capital-risque dirigée par Alan Hall, a proposé de sauver l’industrie charbonnière du Wyoming en distillant les hydrocarbures contenus dans le charbon pour produire du pétrole, tout en utilisant le résidu en charbon de bois. L’entreprise souhaite installer dix usines mobiles et ne demande pas de subventions, seulement du charbon en quantité illimitée et des autorisations express pour s’installer. Les autorités locales ont écouté avec intérêt et se sont montrées plutôt encourageantes.

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