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coup d’envoi des festivités de la Coupe du monde au Qatar

coup d'envoi des festivités de la Coupe du monde au Qatar


Après de nombreuses polémiques, la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde 2022 se tient dimanche au stade Al-Bayt d’Al-Khor, situé au nord de Doha, avant le premier match entre le Qatar, le pays hôte, et l’Équateur. 

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C’est bientôt parti pour un mois de football. La planète foot a un mois pour se choisir son nouveau pays-roi. Quatre ans après le sacre de la France, cette édition est d’ores et déjà dans l’histoire pour les polémiques sur les droits humains, l’environnement ou encore les discriminations. 

Il se sera donc écoulé 4 371 jours entre le 2 décembre 2010, jour de la désignation du Qatar, premier pays arabe à accueillir cette compétition, et le coup d’envoi, dimanche dans le stade Al Bayt, à Al Khor, entre le Qatar et l’Équateur (19 h 00 locales, 17 h 00 Paris). 

Dix ans pour bâtir un pays de football ou un pays au moins, capable d’accueillir 32 sélections et des centaines de milliers de fans qui vont débarquer dans cet émirat grand comme la Belgique et la région parisienne. 

>> À lire : La Coupe du monde au Qatar, un mondial de la « démesure »

La France orpheline de Benzema

Dans ce tournoi joué dans huit stades dont sept sont sortis du désert pour l’occasion, les habituels géants du ballon rond devraient encore se disputer le trophée, jusqu’à la finale du 18 décembre : Brésil, Argentine, France ou encore Angleterre, Allemagne et Espagne. 

Ce sera sans le meilleur joueur du monde : tout frais Ballon d’Or, Karim Benzema a déclaré forfait samedi, blessé à une cuisse, laissant les tenants du titre français orphelins. 

Les Sud-Américains en profiteront-ils ? Depuis vingt ans et la victoire du Brésil (2002), les Européens se partagent les titres (Italie 2006, Espagne 2010, Allemagne 2014 et France 2018). 

« L’Argentine et le Brésil, je les vois trop forts », a fait valoir le gardien Gianluigi Buffon, qui regardera ce Mondial depuis son salon puisque l’Italie est la grande absente de ce rendez-vous. 

Star argentine qui conduit une équipe invaincue depuis 36 matches, Lionel Messi « pense que le Brésil, la France et l’Angleterre sont un peu au-dessus ». 

Dernière arrivée au Qatar l’équipe brésilienne a été accueillie samedi soir par des centaines de supporteurs, brésiliens pour certains mais originaires pour la plupart du sous continent indien ou du Moyen-Orient. Mais tous en sont convaincus, la « Seleção » est là pour remporter sa sixième Coupe du Monde. 

La France, très affaiblie par les absents (Pogba, Kanté, Kimpembe… et maintenant Benzema), peut quand même rêver d’imiter l’Italie (1934 et 1938) et le Brésil de Pelé (1958 et 1962), seuls pays à avoir conservé leur titre. 

Le Mondial des premières

Sorti de ce premier cercle, une victoire finale dans le superbe stade doré de Lusail, au nord de la ville, relèverait de l’exploit. Mais la Croatie fut bien à 90 minutes de réussir cette performance en 2018 en Russie, simplement battue par les Bleus en finale (4-2). 

Alors la Croatie, encore, la Serbie, le Portugal de Cristiano Ronaldo (37 ans) ou l’Uruguay des vétérans Luis Suarez et Edinson Cavani (35 ans), voire le Sénégal, malgré l’absence de Sadio Mané, peuvent rêver. 

D’autant que la donne pourrait changer, avec cette Coupe du monde automnale. Pour la première fois, le Mondial ne se joue pas en été boréal, afin d’éviter les chaleurs intenables (autour de 50°C). La Fifa a décalé ce rendez-vous en pleine saison de clubs. Il y a encore une semaine, par exemple, Messi, Neymar et Mbappé jouaient ensemble avec le Paris Saint-Germain. 

Si tous les joueurs devraient être physiquement prêts puisque cette fois, ils ne se retrouvent pas à l’issue d’une saison éprouvante, les pays entrent dans la compétition sans filet, avec quelques jours pour travailler les automatismes. 

Les exploits des footballeurs ne devraient toutefois pas suffire à éteindre les polémiques sur tous les sujets extras-sportifs qui embrasent ce Mondial depuis des mois. 

Droits humains des travailleurs ayant construit les somptueuses enceintes, environnement, avec un bilan carbone annoncé neutre mais que ses détracteurs qualifient « d’aberration » et discrimination des personnes, notamment des LGBTQ+ : les sujets ne manquent pas autour de cette 22e édition, l’une des plus controversées de l’histoire. 

Les autorités du petit émirat gazier du Golfe sont régulièrement critiquées par les ONG pour leur traitement des travailleurs migrants, notamment dans les secteurs de la construction, de la sécurité et du travail domestique. Des accusations vigoureusement rejetées par les autorités qui soulignent avoir réformé les lois sur le travail. 

Polémiques

Concernant l’environnement, l’engagement des organisateurs « à assurer une Coupe du monde totalement neutre en carbone » convainc peu. Cette promesse est « de la poudre aux yeux », estime Julien Jreissati, directeur de programme pour Greenpeace au Moyen-Orient. 

La construction des stades et les transports par avion des supporters venus du monde entier sont en cause. Mais les stades plantés dans le désert rafraîchis par la climatisation aux heures les plus chaudes de la journée ont aussi choqué. 

Le traitement des personnes LGBTQ+ est un autre sujet d’inquiétude dans un pays conservateur où l’homosexualité et les relations sexuelles hors mariage sont criminalisées. Les autorités ont assuré qu’elles seraient accueillies sans discrimination mais la volte-face vendredi sur la vente d’alcool finalement interdite autour des stades fait craindre à certains d’autres revirements. 

« Si ça veut dire que tout est re-discutable, quid de la sécurité des supporters LGBT, de la possibilité de soutenir son équipe en étant debout au stade, de la possibilité de s’embrasser dans la rue ? », interroge Ronan Evain, directeur général de l’association Football Supporters Europe. 

Après des mois de silence, le président de la Fifa, Gianni Infantino a choisi une tactique simple pour répondre : « la meilleure défense, c’est l’attaque ». 

Samedi lors de sa conférence de presse inaugurale, le Suisse, qui file vers un troisième mandat à la tête de la Fifa, a fustigé ces détracteurs. « Donner des leçons de morale – toujours dans le même sens –, c’est simplement de l’hypocrisie », a-t-il tancé, trouvant « profondément injuste » ces critiques

« Pour ce que nous, les Européens, avons fait au cours des 3 000 dernières années, nous devrions nous excuser pour les 3 000 prochaines années avant de donner des leçons de morale aux autres », a-t-il encore proclamé. 

Infantino avait déjà demandé à tous de « se concentrer sur le football ». Pas certain qu’il soit entendu. 

L’Allemagne ou le Danemark ont répété que leurs capitaines, Manuel Neuer et Simon Kjaer, porteraient le brassard « One Love » qu’ils avaient prévu de porter, en faveur de l’inclusion et contre les discriminations, et non ceux dégainés par la Fifa, porteurs de messages consensuels, « #Sauvezlaplanète », « @Educationpourtous » ou « #Nonauxdiscriminations ». 

Avec AFP

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