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À contre-courant d’IBM, une startup française du quantique lève 100 M€

informatique quantique pasqal


L’informatique quantique ne sera peut-être pas d’une seule et même forme, à sa démocratisation. On parlera plutôt des algorithmes quantiques, qui se baseront sur des techniques différentes. Déjà aujourd’hui, les acteurs de l’industrie ne partent pas dans les mêmes directions. À contre-courant d’IBM et de ses ordinateurs quantiques supraconducteurs, il y a Pasqal. Cette startup française vient de lever 100 millions d’euros avec ses atomes neutres.

Cofondée par Georges-Olivier Reymond, qui est l’actuel PDG, la startup française peut compter sur la présence du prix Nobel 2022 et physicien Alain Aspect, reconnu pour ses travaux expérimentaux dans l’informatique quantique. Il a participé au lancement de Pasqal en 2019, transformant la pépite dans une branche de l’informatique quantique qui lui est propre. Les investisseurs n’ont pas hésité à se jeter sur l’occasion.

L’enveloppe de 100 millions d’euros d’argent frais de la startup Pasqal représente la plus grosse levée de fonds 2023.

Devant October et Qarnot (tous deux ont levé 35 millions d’euros), Pasqal survole et ouvre son capital à l’international. La startup française accueille pour cela Temasek Holdings (le fonds souverain de Singapour) ainsi que le Saudi Aramco Entrepreneurship Ventures. En Europe, elle a attiré l’attention du Conseil européen de l’innovation, qui soutient dans son portefeuille la commercialisation de technologies à haut risque et à fort impact dans l’Union européenne. Le Large Venture Fund de Bpifrance, le Defense Innovation Fund, Daphni ou encore Eni Next ont aussi investi.

Enjeu souverain, compétitif et énergétique

“Il y a un enjeu énergétique”, déclarait sur le plateau de BFM Business ce mardi matin Georges-Olivier Reymond à propos de l’intérêt de l’informatique quantique. Le futur des processeurs, qui permettront d’élargir le champ des possibilités en matière de puissance de calcul, accélérera de façon radicale le progrès. “L’ordinateur de Pasqal consomme l’équivalent de l’énergie de 5 sèche-cheveux”, ajoutait-il.

Pourquoi miser sur le quantique ? Contrairement à d’autres technologies, celle-ci ne semble pas trouver de cas d’usage grand public à première vue d’où son aspect très niché. Mais à l’heure où ChatGPT met l’intelligence artificielle sur le devant de la scène et impressionne le monde entier, l’informatique quantique devrait reprendre des couleurs : avec sa puissance de supercalcul, il deviendra plus facile, rapide et économe l’entraînement de l’IA.

Par conséquent, celle-ci sera plus simple à développer. Des entreprises comme Pasqal ont donc le vent en poupe et pour l’Europe comme pour la France, se positionner sur cette industrie et ce savoir-faire est à la fois une question de compétitivité, mais aussi de souveraineté. L’aspect économique est de taille selon le PDG de la startup française : “les 10 % des premiers à adopter la technologie vont bénéficier à 90 % des bénéfices”.

Pasqal a énormément grossi en un an

Bien positionné, Pasqal déclare avoir aujourd’hui une vingtaine de clients, l’objectif de déployer deux ordinateurs quantiques cette année (en France et en Allemagne) et travaille avec l’aide de 120 collaborateurs. Il y a un an, la startup française fusionnait avec Qu&Co, un spécialiste de logiciels et d’algorithmes quantiques néerlandais, qui lui a permis de grossir plus vite et d’intégrer dans sa direction Benno Broer, vice-président du Consortium européen de l’industrie quantique (QuiC), désormais directeur commercial.

La force de Pasqal est aussi sa faiblesse. À miser sur des atomes neutres par rapport aux autres technologies plus conventionnelles dans l’industrie, la startup doit aujourd’hui construire ses propres machines, car les spécialistes n’ont pas pris le virage. De l’ordre technique, pour les connaisseurs, les machines que souhaite sortir Pasqal sont de l’ordre de 200 à 300 qubits. Ses objectifs à plus long terme sont d’atteindre 1000 qubits.

“Aujourd’hui, l’informatique quantique est réservé à un usage professionnel. […] Mais il y a cinquante ans, je ne pensais pas qu’on aurait des ordinateurs dans nos poches” commentait Georges-Olivier Reymond sur BFM Business. Les clients en France sont notamment Airbus, Thales, Crédit Agricole CIB, mais aussi les Allemands Siemens, BMW, le groupe chimiste BASF ou encore Johnson & Johnson.

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Written by Sonia

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