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« Les entreprises françaises doivent faire leur part contre la déforestation au Brésil »

« Les entreprises françaises doivent faire leur part contre la déforestation au Brésil »


L’élection de Luiz Inacio Lula da Silva à la présidence du Brésil met les entreprises françaises qui travaillent avec le Brésil face à un momentum inédit. En effet, alors qu’on estime que la déforestation de l’Amazonie pourrait diminuer de 89 %, lors de la prochaine décennie sous l’impulsion du nouveau président, la seule volonté politique ne suffira pas.

Pour relever l’énorme défi d’inverser les politiques néfastes de Jair Bolsonaro et arrêter la déforestation, il faut pouvoir compter sur l’implication complète du secteur privé, comme cela a été le cas par le passé avec notamment l’engagement des entreprises à respecter le moratoire de l’Amazonie lié à l’exploitation du soja.

Les acteurs économiques ont un rôle crucial à jouer dans cette transition. Ils ont les capacités d’avoir un réel impact sur l’arrêt de la course à la déforestation comme ce fut le cas en Asie du Sud-Est. A la suite de l’interpellation des exploitants d’huile de palme par les ONG, ces derniers ont mis en place des politiques « zéro déforestation » robustes, avec entre autres des systèmes de surveillance publics et une forte transparence. Les  résultats sont là avec un taux de déforestation au plus bas depuis vingt ans en  Indonésie.

Lire aussi : Brésil : la déforestation en Amazonie a atteint des niveaux inégalés en octobre

En sera-t-il de même au Brésil, le premier pays touché par la déforestation ? Parmi ces acteurs économiques, les distributeurs français présents au Brésil jouent un rôle majeur dans la filière « viande locale ». Cependant Carrefour et Casino, les deux principaux supermarchés du pays, qui écoulent localement la viande, ne peuvent toujours pas assurer que leurs produits « bœufs » ne soient pas issus de la déforestation.

Casino, Carrefour, LDC

Le groupe Casino, partenaire majeur de l’Université de la terre à l’Unesco, fait l’objet d’une action en justice sur la base de la loi française du devoir de vigilance concernant l’impact de ses ventes de produits « bœufs » sur la déforestation au Brésil et en Colombie. En Colombie, une récente étude rappelle que le groupe Casino a des problèmes de traçabilité et de contrôle des fournisseurs indirects de viande bovine qui seraient en lien avec la déforestation d’un parc national, patrimoine mondial de l’Unesco.

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Les entreprises françaises doivent faire leur part contre la déforestation au Brésil.

Carrefour, premier distributeur de viande au Brésil, par ailleurs sponsor « premium » des Jeux olympiques 2024, est loin d’être à la hauteur de ses communications environnementales en ne s’engageant à supprimer la déforestation dans ses produits « bœufs » qu’en 2030 ! Pire, le groupe ne respecte pas ses propres engagements en proposant, selon une enquête de Mighty Earth, encore aujourd’hui des produits carnés issus d’abattoirs supposés suspendus pour cause de déforestation en territoires autochtones, et auprès desquels il s’était publiquement engagé à ne plus s’approvisionner.

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Written by Sonia

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