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le casse-tête de l’inflation alimentaire

le casse-tête de l’inflation alimentaire


Les prix de l’alimentation ont bondi de 12 % sur un an, en octobre, encore plus vite que l’inflation globale, qui a atteint 6,2 %, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Or, « le budget alimentation est la variable d’ajustement quand les factures et le prix des autres dépenses contraintes augmentent », souligne Laurence Champier, directrice des Banques alimentaires, premier réseau d’aide du secteur. Les associations et les institutions assurant aide alimentaire et restauration collective se retrouvent en première ligne, pour répondre à une demande croissante, alors qu’elles subissent elles-mêmes la hausse des prix.

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  • La difficile équation de l’aide alimentaire

Les Restos du Cœur, qui lancent mardi 22 novembre leur 38e campagne, sonnent la mobilisation générale. « La crise du Covid et la crise inflationniste se cumulent : depuis avril, le nombre de personnes accueillies dans nos centres a augmenté de 12 %, et celles que nous connaissions déjà sont encore plus pauvres qu’avant. Nous n’avions jamais vu une dégradation aussi forte et rapide », alerte le président de l’association, Patrice Douret. Même constat du côté des Banques alimentaires, qui fournissent en denrées 5 700 associations et centres d’action sociale. « Certains parlent de tsunami, mais en réalité, les besoins montent à chaque crise, sans redescendre ensuite », constate leur directrice, Laurence Champier.

Le défi est double : répondre à la hausse des personnes accueillies – elles sont 3,6 millions si l’on cumule Restos et Banques alimentaires – et à l’augmentation de leurs besoins ; aller à la rencontre des habitants pauvres des « zones blanches », dépourvues de lieux de distribution, d’autant que le coût de l’essence décourage ces personnes de se déplacer. Les associations ont ainsi intensifié l’ensemble de leurs distributions, tout en créant des centres itinérants. Mais elles craignent un « effet ciseaux », où la hausse de leurs dépenses s’accompagnerait d’une baisse de leurs recettes.

Les acteurs du secteur ont ouvert des chantiers d’insertion qui cultivent fruits et légumes, développé les dons en nature des agriculteurs et de l’industrie agroalimentaire. Mais ils achètent à des prix désormais plus élevés une part croissante des denrées.

Il leur faut aussi assumer les surcoûts de l’énergie – pas totalement compensés par l’Etat : les banques alimentaires comptent ainsi 123 000 m2 d’entrepôts dotés de chambres froides énergivores, et près de 500 camions. Quant aux recettes, elles dépendent largement des dons qui seront collectés. « Nous avons beaucoup de donateurs modestes. Pourront-ils continuer à nous soutenir ? », interroge Patrice Douret. « Se déplaceront-ils au supermarché pour la collecte nationale des banques alimentaires, qui débute vendredi ? », questionne Laurence Champier. Le réseau a reconduit Monpaniersolidaire.org, collecte en ligne lancée durant la crise sanitaire.

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