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une campagne en ligne pour alerter sur les bidonvilles de Nairobi “remplis de saleté”

une campagne en ligne pour alerter sur les bidonvilles de Nairobi “remplis de saleté”



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Depuis début novembre, des habitants partagent des images de pollution et de fuites d’eaux usées à Korogocho, un bidonville situé à l’extérieur de Nairobi, la capitale du Kenya.  Selon eux, cela fait 15 ans que le quartier est touché par des problèmes du genre. Une campagne en ligne visant à attirer l’attention des autorités s’est élargie pour dénoncer les problèmes de pollution, d’assainissement et de négligence du gouvernement dans les bidonvilles de Nairobi. 

Korogocho est l’un des plus grands bidonvilles de la banlieue de Nairobi. Entre 150 000 et 200 000 personnes y vivent, entassés sur 1,5 kilomètre carré, souvent dans des maisons faites de boue, de parpaings et de tôle ondulée. En swahili, Korogocho signifie « entassé épaule contre épaule« .

Le bidonville est confronté à de graves problèmes de drainage, provoquant des fuites d’eaux usées dans les rues. À cela s’ajoutent les tas d’ordures et de détritus qui jonchent le quartier. De nombreux habitants des bidonvilles de Nairobi n’ont pas d’eau courante, de toilettes et de systèmes adéquats d’élimination des déchets solides.  

Face à l’absence de services d’assainissement appropriés ou d’infrastructures sanitaires, les habitants des bidonvilles sont contraints de dépendre de toilettes sèches ou de « toilettes volantes », où les gens jettent leurs besoins dans des sacs en plastique. Le tout s’écoule dans les rivières, participant à la pénurie d’eau potable. 

Le 2 novembre, Hanifa Safia, une habitante de Nairobi, a publié sur Twitter des images des eaux usées dans les rues de Korogocho. Elle s’est engagée à continuer de les partager pendant 30 jours, ou du moins jusqu’à ce que les autorités locales s’engagent à régler le problème.

 


Sur les vidéos et les photos, c’est une fuite d’eaux usées, une rivière de déchets coulant au milieu de la rue. Les habitants sont obligés de l’enjamber lorsqu’ils passent. L’endroit se trouve entre un hôpital, une école primaire et une aire de jeux.

 

“On ne peut pas marcher sur la route sans être éclaboussé par la saleté”

Yurub Isaak est étudiant, il est né et a grandi à Korogocho. 

Les fuites d’égouts sont là depuis si longtemps. C’est un spectacle affreux. Je me souviens que c’était déjà là quand nous étions enfants.(Il y a des fuites depuis si longtemps). On ne peut pas marcher dans la rue sans être éclaboussés par la saleté. C’est pire pendant la saison des pluies. Il y a des inondations partout.  L’eau ne s’évacue pas.

C’est localisé sur la route principale où tout le monde passe.  C’est très dangereux pour les enfants. Ils ne se rendent pas compte et ne vont pas hésiter à jouer là-bas et sont donc exposés à plein de risques. Il y a une école primaire publique en face de la fuite, et c’est là que les enfants passent pour aller et venir à l’école.

L’école primaire Daniel Comboni se trouve juste en face de la zone la plus touchée par la fuite. Les mauvaises conditions d’assainissement et les eaux usées à ciel ouvert peuvent augmenter les risques de contracter polio, choléra, fièvre typhoïde et autres maladies se transmettant par l’eau.

Mais cette pollution a d’autres effets préoccupants sur la santé – notamment parce qu’elle se situe juste derrière le principal hôpital du quartier.

L’hôpital Mama Margaret Kenyatta a ouvert ses portes en décembre 2021 après des années de travaux de construction. Il s’agit du seul établissement de « niveau cinq » dans cette partie de Nairobi, le seul hôpital disposant de plus de 100 lits et pouvant accueillir plus de 250 patients par jour dans des services médicaux, pédiatriques, chirurgicaux et gynécologiques. 

Mais les habitants affirment qu’au lieu d’améliorer les conditions de vie dans le bidonville, la mise en service de l’hôpital n’a fait qu’augmenter le nombre de personnes touchées par les eaux usées.


Yurub Isaak explique :

Lorsqu’ils ont construit le nouvel hôpital de niveau cinq, nous pensions qu’ils se débarrasseraient de la fuite, mais ils ont simplement érigé un mur et, sauf erreur de ma part, il y a des fuites à l’intérieur. Il est trop mince. 

À quelques mètres de cette fuite, il existe de petites décharges sur les routes. Les gens jettent leurs ordures n’importe où et c’est plein de saletés.

 

Des images publiées en ligne montrent également des ordures empilées le long des rues de Korogocho. Le quartier borde aussi la décharge de Dandora, la principale décharge de Nairobi, où plus de 2 000 tonnes de déchets sont déversées chaque jour. Les habitants du quartier – même les enfants – fouillent souvent dans la décharge pour trouver des marchandises à vendre. 

Les matières toxiques provenant de cette décharge s’écoulent dans les quartiers voisins ainsi que dans la rivière Nairobi, qui est utilisée pour l’irrigation.

 

En juillet 2021, un tribunal a ordonné la fermeture de la décharge de Dandora, qui sera remplacée par une infrastructure d’élimination des déchets plus respectueuse de l’environnement. Mais la décharge reste pour l’instant ouverte. 

“Sans les ONG, la plupart des habitants seraient affamés et les enfants n’iraient pas à l’école”

Le gouvernement a toujours négligé les bidonvilles de Nairobi dans sa volonté de maintenir des services d’assainissement adéquats, car  » ces zones ne sont pas et n’ont jamais été intégrées dans les plans d’urbanisme de la ville », a déclaré le service d’urbanisme du conseil municipal de Nairobi à Amnesty International .

Or, au moins 60 % des quelque 5 millions d’habitants de la métropole vivent dans des bidonvilles, la plupart étant déconnectés des canalisations publiques d’eau et d’égouts.

Hanifa Safia est une journaliste citoyenne, c’est elle qui a commencé à partager des images des eaux polluées de Korogocho sur Twitter.

L’un des principaux problèmes de ces bidonvilles est l’hygiène. Nairobi ne dispose pas d’un système d’hygiène approprié ni d’un système d’évacuation adéquat. Et ce sont les habitants des bidonvilles qui en paient toujours le prix. Ces fuites d’égouts proviennent de différentes parties et zones et fuient depuis des années. C’est une situation tellement déshumanisante. 

Les bidonvilles, principalement Korogocho, Mathare et Kibera, sont gérés et maintenus par des ONG, sinon la plupart des gens seraient affamés et n’iraient pas à l’école. Le problème des ordures se pose davantage dans les bidonvilles. En regardant dans les bidonvilles, il n’y a aucune trace d’une quelconque intervention des autorités.

Je continue à partager des vidéos et des photos pour inciter le gouverneur à faire quelque chose, car il n’agit que lorsque son image publique est en danger. Ça fonctionne.

Hanifa Safia a reçu des réponses du gouverneur du conseil municipal de Nairobi ainsi que du directeur de l’eau et de l’assainissement, qui ont promis d’examiner les problèmes auxquels sont confrontés les résidents de Korogocho.


 

Entre-temps, elle a commencé à partager des publications dénonçant la situation sanitaire dans d’autres bidonvilles autour de Nairobi

À Nairobi, un projet d’amélioration des égouts de Nairobi permet d’augmenter le réseau d’égouts dans la capitale kényane. Le programme a fait passer la couverture sanitaire de 40 % à 48 % entre 2012 et 2017.



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