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les jeunes contraints à travailler gratuitement

les jeunes contraints à travailler gratuitement



Il est difficile pour les jeunes diplômés d’obtenir le contrat de travail qu’ils espèrent malgré leurs efforts pour gagner de l’expérience. Beaucoup d’entre eux se retrouvent obligés de passer par des stages rémunérés ou non, des missions de bénévolat, ou encore des projets non-rémunérés dans le cadre de leur candidature. Angèle, 22 ans, en est un exemple concret. Elle a obtenu son BTS tourisme en 2021, mais désormais en 2022, elle se voit forcée d’effectuer un service civique dans le secteur de la petite enfance près de Limoges, faute de n’avoir pas trouvé un emploi après ses études.

Julia, 24 ans, diplômée en sciences politiques, a suivi des stages de deux ans durant et après ses études pour « faire briller » son CV. Elle avait parfois l’impression de travailler comme un employé payé très peu dans des structures qui ne pourraient pas fonctionner sans stagiaires. Quant à Caroline, graphiste de 26 ans, elle déplore un nouvel emploi où on lui demande encore, en guise d’exercice de recrutement, de créer une maquette qui prendrait des heures de travail et qu’elle était presque sûre que l’entreprise utilisera par la suite.
En plus de se faire appelées par le terme « Graal » pour parler de leur contrat de travail dont ils rêvent tous, Angèle, Julia et Caroline ont pour point commun d’avoir eu l’impression de travailler gratuitement, voire presque gratuitement, en attendant un « vrai statut de travailleur » avec un contrat et un salaire réel, comme le dit Angèle.

Ces jeunes diplômés se plaignent également de la concurrence pénible sur le marché de l’emploi. Que ce soit le bénévolat, le service civique, les stages rémunérés ou encore les projets non-rémunérés. Ces «expériences professionnelles», comme les appellent Florence Ihaddadène, ne servent pas pour trouver un travail avec un contrat de travail et un salaire régulier même si elles permettent d’acquérir de l’expérience.

Selon Florence Ihaddadène, ces activités répondent à la même logique de «travail de l’espoir», particulièrement mise en avant durant la période qui sépare les études du premier emploi pérenne. Elle fait référence ainsi au concept «Hope labour » développé par les chercheurs américains Kathleen Kuehn et Thomas F. Corrigan, désignant, selon leurs travaux, « un travail non ou sous-rémunéré effectué dans le présent, souvent pour l’expérience ou l’exposition, dans l’espoir que de futures opportunités d’emploi puissent suivre ». Une notion popularisée par la sociologue Maud Simonet dans son livre « Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? ».

Les jeunes, bien qu’ayant des compétences et des diplômes, se sentent impuissants face à la situation actuelle où la recherche du travail n’est pas une sinécure, quel que soit le secteur. Les candidats potentiels sont à la merci de l’entreprise et se retrouvent souvent à accepter des travailleurs gratuits, qui sont censés devenir des collaborateurs potentiels, en plus d’un salaire dérisoire, dans l’espoir d’obtenir un contrat de travail dans l’avenir. Pour les personnes qui rêvent d’un vrai contrat de travail, la situation est très difficile et décourageante en effet, car elle ne garantit pas un véritable revenu stable.

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