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Le gouvernement rattrapé par la menace de coupures d’électricité pendant l’hiver

Le gouvernement rattrapé par la menace de coupures d’électricité pendant l’hiver


La première ministre, Elisabeth Borne lors d’une conférence de presse à Matignon, le 27 octobre 2022.

Voilà un peu plus de six mois qu’Elisabeth Borne est arrivée à Matignon. Un peu plus de six mois que l’ancienne préfète, appelée à gérer l’urgence climatique autant que les tensions sur les prix de l’énergie, sur fond de guerre en Ukraine, mesure jour après jour pourquoi la résidence des premiers ministres est surnommée « l’enfer ». « Je ne lis plus que les notes positives ! », dit-elle en plaisantant. La dernière en date de Réseau de transport d’électricité (RTE) est loin de l’être. Rendue publique vendredi 18 novembre, elle a pourtant bien été lue par la locataire de Matignon et ses équipes.

Présentant les perspectives du système électrique pour l’automne et l’hiver 2022-2023, le texte ravive le scénario, décrit comme « cauchemardesque » au sein du gouvernement, de possibles coupures d’électricité. Selon RTE, il existe désormais un risque « élevé » de tensions sur le réseau électrique français en janvier 2023, en raison du redémarrage plus lent que prévu de réacteurs nucléaires EDF. « Imaginez, la France, sixième puissance mondiale, dont on a vanté pendant un demi-siècle les fleurons de l’industrie nucléaire ! », souffle-t-on à Bercy.

Mise à l’ordre du jour de la réunion des quarante et un ministres à Matignon, la veille, la menace, hier jugée hautement improbable, est donc prise au sérieux, même si certains communicants s’étonnent : jusqu’ici, la consigne était de ne pas faire paniquer les Français. « Notre travail, ce n’est pas de s’inquiéter mais de se préparer », explique-t-on au cabinet de la première ministre.

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« Notre crainte, c’est l’hiver très rude »

Pour envisager le pire, une cellule interministérielle de crise (CIC), dite d’anticipation, a été mise en place depuis un mois déjà. Logée dans les sous-sols du ministère de l’intérieur, présidée par Aurélien Rousseau, directeur du cabinet de la première ministre, et dirigée par la préfète Anne Clerc, elle réunit une à deux fois par semaine les représentants des différents ministères ainsi que des responsables de RTE et d’Enedis. L’enjeu : cibler les risques et les conséquences de ces possibles coupures, appelées pudiquement des « délestages tournants ».

Concrètement, l’électricité serait coupée pendant deux heures dans certaines zones géographiques pour soulager le réseau. Le délestage est dit tournant, car le « black-out » ne touchera pas toujours les mêmes territoires. Les hôpitaux ou les prisons seront d’emblée exclus de ces coupures. « Nous travaillons en ce moment à maintenir l’électricité des cœurs de réseau, ce qu’on aurait appelé autrefois les centraux téléphoniques, pour préserver les appels d’urgence », souligne aussi un représentant du gouvernement.

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