in

L’Allemagne dit adieu à ses dernières centrales nucléaires

L’Allemagne dit adieu à ses dernières centrales nucléaires



Au cours des derniers jours, en Allemagne, le débat sur l’énergie nucléaire a repris de l’intensité. Le choc énergétique occasionné par la guerre en Ukraine a temporairement fait grimper les prix de l’électricité et a contraint le pays à relancer 14 centrales polluantes à base de charbon pour garantir son approvisionnement. Cette crise a redonné des arguments à ceux qui estiment que la décision allemande de se passer de l’énergie nucléaire est une erreur. En effet, quelques sondages récents suggèrent une légère inflexion de l’opinion publique. Une petite majorité d’Allemands, plutôt âgés et préoccupés par les prix de l’énergie, se prononcent en faveur de la prolongation des trois dernières centrales nucléaires encore en activité, même si elles ne représentaient que 6 % de la production d’électricité du pays en 2022.

Malgré tout cela, la controverse n’a rien changé à la décision fédérale 
initial‎e : les trois dernières centrales en activité se sont arrêtées définitivement le samedi 15 avril à minuit, marquant la fin de plus de soixante ans d’une histoire allemande de l’atome. Le sursis de trois mois et demi qui avait été consenti à contrecoeur aux réacteurs d’Emsland (Nord), de Neckarwestheim 2 (Sud-Ouest) et d’Isar 2 (Sud-Est) en automne 2022, en raison de la crise énergétique et de ses craintes de pénurie d’électricité dans le sud du pays, n’a pas été prolongé. 
Samedi, l’Allemagne a donc retiré ces centrales du réseau et commencé leur démantèlement, une mesure qui signifie la fin définitive de l’énergie nucléaire en Allemagne.

Mais pourquoi le gouvernement allemand est-il si déterminé à supprimer l’utilisation de l’énergie nucléaire ? Est-ce lié à la récente chute des prix du gaz sur les marchés internationaux, qui a fait baisser le prix de l’électricité ? Ou cela est-il lié à la puissance politique des Verts, soutenus par le chancelier Olaf Scholz sur cette question ? Peut-être est-ce dû au refus de relancer un conflit miné au sein d’un gouvernement déjà divisé ?

Quoi qu’il en soit, la campagne pro-nucléaire n’a pas eu beaucoup de succès politique, malgré les arguments portés par des économistes influents sur la sécurité des approvisionnements et le risque de perte de compétitivité du pays. Le lobby le plus puissant, l’industrie, ne s’est pas mobilisé directement : aucun grand patron ne s’est aventuré à contredire Robert Habeck, vice-chancelier et ministre écologiste de l’économie et du climat, qui affirme que « l’ère du nucléaire est terminée » et que la sécurité des approvisionnements est « garantie ».

La situation actuelle n’est pas sans ironie. Ce sont les chrétiens-démocrates (la CDU et son alliée bavaroise la CSU) ainsi que les libéraux du FDP qui sont les plus fervents partisans de la prolongation de l’exploitation nucléaire en Allemagne et qui continuent de défendre la poursuite de l’utilisation de l’énergie nucléaire. Pourtant, ces mêmes partis ont décidé en 2011, après l’accident de Fukushima, de poursuivre la sortie définitive de l’énergie nucléaire, en fixant la date butoir du 31 décembre 2022.

En somme, l’Allemagne semble avoir définitivement abandonné l’énergie nucléaire. Il reste maintenant à voir comment le pays va remplacer cette source énergétique, alors que les prix de l’énergie restent élevés et que les problèmes environnementaux liés à l’utilisation du charbon se font de plus en plus pressants.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

230414231843 01 fumio kishida incident 041523

Homme arrêté après qu’une explosion a entraîné l’évacuation du lieu de discours du dirigeant japonais.

Dany Boon : analyse d’un humoriste talentueux