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la revanche des industriels au détriment des consommateurs

la revanche des industriels au détriment des consommateurs


Le directeur d’un supermarché n’en revient toujours pas. « Quand je pense qu’un marchand de sodas est venu nous voir avec une demande d’augmentation de 25 %. Mais c’est que de l’eau et du sirop ! » Il n’est pas le seul à s’étrangler, en ce moment, face à la valse des prix alimentaires qui se poursuit dans les rayons des épiceries. Même le gouvernement s’est décidé à faire la leçon aux industriels du secteur, à rebours de son comportement précédent.

Les méchants distributeurs face aux gentils industriels, c’est maintenant le contraire. Depuis l’automne 2022, partout en Europe et aux États-Unis, on constate une explosion des profits des grandes entreprises. Les résultats du CAC 40 en portent témoignage.

Non seulement les chiffres d’affaires grimpent, suivant en cela la hausse des prix, mais les profits bondissent bien au-delà, et pratiquement dans tous les secteurs. De STMicroelectronics et ses puces électroniques dont le chiffre d’affaires a progressé de 26 % mais les profits de 100 %, aux shampooings de L’Oréal et leurs 24 % d’augmentation du résultat net pour 18 % de progression des ventes, en passant par les lunettes et verres d’EssilorLuxottica, dont les profits ont grimpé de 50 %, sans oublier les constructeurs automobiles comme Stellantis, dont les ventes ont bondi de 20 % mais les profits de 26 % par rapport à une année 2021 où ils étaient déjà très bons.

Inversion spectaculaire

C’est une étrange situation. Alors que l’essor spectaculaire de l’inflation, dû à la hausse hors normes des prix de l’énergie et des matières premières, aurait dû, en toute logique, rogner les bénéfices des entreprises. D’où l’émergence d’un soupçon. Les entreprises n’auraient-elles pas profité de la situation pour améliorer leurs comptes bien au-delà du rattrapage de la hausse de leurs coûts de production ? Auquel cas, elles contribueraient à alimenter la progression des prix.

Cette fameuse spirale mortifère de l’inflation qui conduit les banquiers centraux à devoir ralentir l’économie, voire à la plonger dans la récession et le chômage pour juguler ce processus d’appauvrissement généralisé.

C’est l’économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), l’Irlandais Philip Lane, qui a tiré le signal d’alarme à l’occasion d’une lecture au Trinity College de Dublin, le 6 mars. Il y explique posément et avec force courbes et graphiques que, pour une fois, le moteur actuel de l’inflation n’est pas les salaires, le suspect habituel, mais les marges des entreprises. Et dans une proportion non négligeable.

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