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zoom sur l’argent sale du Saint-Siège

zoom sur l’argent sale du Saint-Siège



Le Vatican possède une longue histoire d’affaires et de finances complexes, comme le raconte le journaliste François de Labarre dans son enquête intitulée « Vatican offshore ». En 2011, des experts financiers du Conseil de l’Europe sont envoyés pour aider à mettre de l’ordre dans les comptes du Saint-Siège, mais ils sont confrontés à un système très opaque qui complique leur mission. Les autorités du Saint-Siège et les officiels italiens, réticents à coopérer, ne facilitent pas les choses. Suite à cette situation, l’Union européenne et la banque centrale italienne ont sanctionné le Vatican. En 2013, les terminaux de paiement électronique ont été bloqués, ce qui a empêché les paiements par carte aux abords de la place Saint-Pierre.

Jusqu’à une époque récente, la transparence était taboue au Vatican, et la banque privée de cette entité, l’Institut pour les œuvres de religion, a été utilisée à la fin des années 1970 pour financer la lutte contre le communisme. Des intermédiaires plus ou moins recommandables l’ont gérée, et la mafia y a ouvert des comptes anonymes tandis que des politiques italiens en profitaient pour financer leur parti. En 2013, le Vatican a été classé sur la liste noire des pays pouvant servir de plateforme pour le blanchiment de l’argent de la drogue.

Depuis sa prise de fonction, le Pape François a pris le taureau par les cornes et a engagé une « armada de cols blancs » pour résoudre le problème. Cependant, plusieurs affaires ont éclaté, notamment l’achat d’un immeuble de luxe à Londres par des prélats soupçonné d’avoir donné lieu à des détournements de fonds et de la corruption. L’ouvrage de François de Labarre regorge de personnages hauts en couleur, tels que le prélat Nunzio Scarano, surnommé « Monsignor Cinquecento » à cause des billets de 500 euros qui s’échappaient de ses poches. Accusé de blanchiment d’argent, il a été condamné à sept ans de prison en mars 2022 et attend actuellement son jugement en appel.

La politique du Pape François et les procès à répétition semblent bousculer le système. Le Vatican s’est notamment doté d’un code d’appel d’offres plus contraignant, d’une nouvelle Constitution apostolique, ainsi que d’un comité d’éthique. Toutefois, comme le montre l’ouvrage de François de Labarre, ces affaires ont durablement écorné l’image du Vatican.

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