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Situation «cauchemardesque» à Haïti, décrit le chef de l’ONU

Situation «cauchemardesque» à Haïti, décrit le chef de l’ONU


Le désastre des gangs de rue qui terrorisent les citoyens haïtiens pourrait se terminer en intervention militaire internationale si les Nations Unies donnent leur aval à une opération d’envergure.

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«C’est une situation absolument cauchemardesque pour la population d’Haïti, principalement à Port-au-Prince», a déclaré lundi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. 

Les bandes criminelles contrôlent jusqu’à 60 % de la capitale, selon un rapport du Congrès américain, bloquent des axes de circulation majeurs ainsi que le principal terminal pétrolier du pays, paralysant le pays tout entier.

«Le port est bloqué par les gangs qui ne laissent pas sortir le carburant, a précisé M. Guterres. […] Sans carburant, il n’y a pas d’eau. Et il y a le choléra», qui fait un retour après trois ans d’absence, dont le traitement nécessite une bonne hydratation. 


Un homme cherche de la nourriture à travers les poubelles dans la capitale.

Photo REUTERS

Un homme cherche de la nourriture à travers les poubelles dans la capitale.

Le pays caraïbéen est également en proie à une inflation élevée. Et depuis qu’Haïti a annoncé une hausse du prix de l’essence, des émeutes, des pillages et des manifestations ont éclaté. 

Appel à l’aide 

En réponse, le premier ministre Ariel Henry a demandé la semaine dernière à la communauté internationale d’envoyer une «force spécialisée armée» afin de «stopper, sur toute l’étendue du territoire, la crise humanitaire» provoquée par l’action des gangs, qui gangrènent le pays. 

Le secrétaire général de l’ONU a ensuite «exhorté la communauté internationale […] à examiner en urgence» cette demande. 

Des milliers d’Haïtiens sont alors redescendus dans la rue, cette fois pour dénoncer cet appel à l’aide étrangère.


Une femme blessée lors de manifestations contre Ariel Henry à Port-au-Prince, le 10 octobre.

Photo AFP

Une femme blessée lors de manifestations contre Ariel Henry à Port-au-Prince, le 10 octobre.

«Étant donné que la population haïtienne est extrêmement pauvre et extrêmement déçue, elle rejette majoritairement toute intervention extérieure. Comme les interventions du passé n’ont jamais donné de résultat, les habitants ne pensent pas que celle-ci contribuerait à régler leurs problèmes», analyse Chalmers Larose, chargé de cours au département de science politique de l’UQAM. 

Le Conseil de sécurité a débattu lundi après après-midi de la situation dans le pays.

Selon un projet de résolution, qui sera mis au vote ultérieurement, les membres du Conseil pourraient encourager les gouvernements à «envisager urgemment» le déploiement d’une force armée internationale pour faire face à la crise humanitaire en Haïti.

Le texte se concentre surtout sur la mise en place d’un embargo sur les armes «ciblé» pour en priver certains individus et entités.

Il prévoit également une interdiction de voyage et un gel des avoirs d’individus et entités liés à des groupes armés et des réseaux criminels.

Pas une bonne idée  

Selon Gilles Rivard, ex-ambassadeur canadien en Haïti, une intervention militaire en Haïti est toutefois une solution de dernier recours. 

«Quand on envoie des troupes sur le terrain dans une situation comme en Haïti, on connaît la date où on va les envoyer, mais on ne sait jamais combien de temps ils vont rester là», mentionne celui qui était en poste lors du tremblement de terre qui a ravagé le pays en 2010. 

Pour M. Rivard, la première étape serait plutôt d’établir une feuille de route pour la tenue d’élections civiles, puisque le parlement n’est plus fonctionnel depuis janvier 2020.

«Tant et aussi longtemps que celle-ci ne sera pas établie à la satisfaction de la communauté internationale, je ne pense pas que ça va aller plus loin que ce que le Canada est en train de faire», précise-t-il. 

Le Canada et les États-Unis ont livré samedi des véhicules tactiques et blindés à la police nationale haïtienne.

Chalmers Larose précise que si la communauté internationale venait à intervenir en Haïti, «cela donnerait l’impression qu’elle essaie de sauvegarder un gouvernement en perte de vitesse et rejeté par des branches de la société haïtienne». 

«Ça va prendre une solution haïtienne à un problème haïtien», conclut M. Rivard.

– Avec l’AFP

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