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Mozambique : succès majeur des jihadistes

Au Mozambique, la ville de Palma est tombée aux mains des jihadistes dimanche 28 mars au terme de trois jours de combats meurtriers, qui ont eu lieu près du site d’un grand projet gazier piloté par Total.

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La ville de Palma, située dans la province de Cabo Delgado, dans le nord-est du Mozambique, et seulement à dix kilomètres du mégaprojet gazier piloté par le groupe français Total, est désormais aux mains des djihadistes qui l’attaquaient depuis mercredi, annoncent des sources sécuritaires. « Les forces gouvernementales se sont retirées de Palma » la nuit dernière, a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) l’une de ces sources samedi 27 mars. « Palma est tenue par les assaillants », a ajouté une autre source qui a requis l’anonymat.

Mercredi après-midi, ces groupes djihadistes ont lancé une attaque d’envergure contre la ville, simultanément sur trois fronts, le jour même où le géant français annonçait la reprise des travaux du site d’exploitation gazière, censé être opérationnel en 2024. Selon plusieurs experts, vu l’ampleur de l’attaque et sa préparation minutieuse, il semble peu probable qu’elle soit liée à l’annonce de Total.

Le groupe énergétique français, qui « ne déplore pas de victime » sur le site d’Afungi, a pris la décision de « réduire au strict minimum le personnel » du site pour des raisons de sécurité. « La remobilisation du projet qui était envisagée en début de semaine est bien sûr suspendue », a ajouté Total dans un communiqué samedi soir.

L’attaque est survenue le jour de l’annonce par le groupe de la reprise des travaux de construction sur le site gazier qui devrait être opérationnel en 2024. Total est le principal investisseur du projet, avec une participation de 26,5 %. Six autres groupes internationaux sont impliqués dans ce projet, dont l’italien Eni et l’américain ExxonMobil.

Piégés dans un hôtel

« Presque toute la ville a été détruite. Beaucoup de gens sont morts », assurait un travailleur par téléphone, vendredi, après avoir été évacué. Il n’a toutefois pas donné de détails sur les victimes et sur leur nationalité. Plusieurs personnes ont été tuées, affirme l’organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch, citant des témoins qui ont « vu des corps dans les rues ». Parmi eux, au moins un Sud-Africain, a confirmé Pretoria.

L’attaque surprise mercredi a fait fuir des centaines de gens terrifiés vers la forêt environnante, tandis que des travailleurs liés à la construction du complexe gazier, parmi lesquels des étrangers, se réfugiaient à l’intérieur du site voisin mais aussi dans un hôtel de Palma.Lire aussi  En RDC et au Mozambique, des groupes armés affiliés à l’Etat islamique, selon Washington

Quelque 180 personnes y ont passé plus de quarante-huit heures infernales, sans savoir si elles seraient secourus, dans le boucan des hélicoptères survolant la zone. Vendredi, en fin de journée, elles ont enfin été évacuées mais plusieurs ont ensuite été tuées dans une embuscade. Au moins sept selon la presse locale, un bilan impossible à confirmer dans l’immédiat.

Les circonstances de cette évacuation restent confuses. Et la communication par téléphone portable particulièrement aléatoire dans la zone. Un premier groupe de 80 personnes a quitté l’hôtel Amarula à bord de 17 camions de l’armée, selon une source sécuritaire qui participe aux opérations. Mais « le convoi a été attaqué peu après avoir quitté l’hôtel. Plusieurs personnes ont été tuées, la plupart ont réussi à s’échapper », a affirmé cette source.

La ville de Palma, située face à l’océan Indien, est à plus de 1 800 km au nord-est de Maputo dans la province riche en gaz de Cabo Delgado, où les autorités sont confrontées à une violente insurrection depuis 2017. Des djihadistes armés, connus sous le nom de Chabab et qui ont fait allégeance à l’organisation Etat islamique en 2019, y mènent des attaques sanglantes depuis plus de trois ans. Elles avaient faibli ces derniers mois, une accalmie imputée à la riposte militaire.

Le conflit a fait au moins 2 600 morts, dont plus d’une moitié de civils, selon l’ONG Acled, et il a forcé plus de 670 000 personnes à quitter leur foyer, selon les Nations unies.

Written by Altho

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