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Le premier cinéma autosuffisant 100 % durable ouvre dans l’Aube

Le premier cinéma autosuffisant 100 % durable ouvre dans l’Aube



Le réseau de cinémas d’art et essai Utopia, organisé en coopérative, compte désormais sept franchises sur le territoire. Le dernier-né, construit près de Troyes dans l’Aube, est un modèle de cinéma durable. Avec son ossature en bois, son excellente isolation thermique en paille, son poêle à biomasse, ses panneaux solaires, ses toilettes sèches et ses projecteurs basse consommation, il est autosuffisant en énergie.

Ce concept, c’est celui d’un cinéma à taille humaine, où l’on se refuse à “éclairer et chauffer du vide”, comme l’a expliqué la directrice Anne Faucon à l’AFP. Et à Pont-Sainte-Marie, Utopia a décidé de jouer la carte écolo à 100 %. Ce ne fut pas un long fleuve tranquille pour autant, loin de là. La directrice parlant même d’un parcours du combattant qui aura duré quatre ans, avant de pouvoir inaugurer ces quatre salles pouvant accueillir 300 spectateurs.

Un financement compliqué

Bien que sous-dotée en cinémas avec un seul et unique complexe CGR, la ville de Troyes n’a pas soutenu le projet d’implantation d’Utopia, mis sur la table par une élue communiste en 2018. Mais la ville voisine de Pont-Sainte-Marie s’empare du projet par l’intermédiaire de son maire, Pascal Landreat. Il propose d’installer ce cinéma d’un nouveau genre sur une friche militaire où un écoquartier est en train de pousser. Un bail de 99 ans à 80 € par mois est signé, le projet peut enfin démarrer.

Anne Faucon a dû s’entourer de partenaires et de petites mains très engagées pour réussir à le mener à bien, malgré les innombrables réticences et oiseaux de mauvais augure croisés sur sa route. Il lui faut réunir 2,6 millions d’euros, mais elle n’obtient que 600 000 euros d’aides auprès des différents organismes (fonds européen, conseil départemental, CNC), auxquels s’ajoutent 100 000 euros levés grâce à un financement participatif. Le reste ? Plus de 1 million d’euros d’emprunt et un investissement en fonds propres.

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Des embauches et un prix de la place raisonnable

Pour faire tourner ce cinéma Utopia, trois embauches ont déjà été effectuées et deux autres sont prévues à courte échéance. Et pour attirer les spectateurs, la recette est déjà trouvée : une programmation audacieuse faite essentiellement de films indépendants diffusés en version originale. Une anomalie pour la région qui, pourtant, a déjà ses fans. En effet, en l’absence d’offre de ce type, le public est prêt à se déplacer jusqu’à Pont-Sainte-Marie sans souci. Surtout que la tarification est abordable : 7 € la place, 50 € les 10 entrées.

Enfin, le projet tient à tenir une dimension sociale : l’une des salles est réservée aux projections “éducatives” tandis qu’une soirée invitant les personnes seules au cinéma est prévue pour Noël. Et Anne Faucon d’espérer que d’autres s’emparent de ce concept ailleurs en France. “C’est un prototype aux plans open source (…) Si une petite salle comme nous y arrive, je dis : prenez, améliorez ! Il faudra encore aller au-delà”, explique-t-elle à l’AFP.

Le genre d’initiatives qui, peut-être, encourageront les spectateurs français à retourner en salles obscures. Avec 155 millions d’entrées, l’année 2022 est — en termes d’affluence — la pire jamais enregistrée depuis 1990 en France. La faute à un manque de blockbusters, mais, aussi, à des prix élevés en période d’inflation et de crise du pouvoir d’achat.

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Written by Sonia

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