À l’occasion des vingt ans de Dexter, le Daily Mail pose une question volontairement spectaculaire: la série serait-elle « la fiction criminelle la plus dangereuse » de la télévision? Le journal recense au moins sept affaires depuis 2009 dans lesquelles des meurtriers auraient cité, imité ou été rapprochés du personnage de Dexter Morgan.Sources du passage : Daily Mail ↓ · Television Academy ↓
Le fait qu’un auteur de crime se réfère à une œuvre culturelle est documentable affaire par affaire. La conclusion causale est beaucoup plus difficile. Le corpus disponible ne montre pas qu’une exposition à Dexter transforme un spectateur en meurtrier, ni que les crimes recensés n’auraient pas eu lieu sans la série. Le terme « lié » peut recouvrir des situations très différentes: citation explicite, imitation de mise en scène, surnom médiatique ou comparaison faite après les faits.Sources du passage : Daily Mail ↓ · Television Academy ↓
La Television Academy rappelle, dans son dossier du vingtième anniversaire, que la particularité de Dexter est précisément de placer le spectateur du côté d’un tueur en série présenté comme un anti-héros doté d’un code moral. Cette mécanique narrative explique pourquoi la série nourrit depuis longtemps des débats sur l’identification au personnage et la représentation de la violence.Sources du passage : Daily Mail ↓ · Television Academy ↓
L’angle éditorial retenu par Actualites.fr est donc plus étroit que celui du tabloïd. Oui, plusieurs criminels ont été publiquement rapprochés de Dexter. Non, ce décompte ne suffit pas à démontrer que la série provoque des meurtres. Le sujet pertinent est celui de l’imitation, de la construction médiatique des criminels et de la manière dont une fiction peut fournir des références ou un langage à des personnes déjà engagées dans la violence.Sources du passage : Daily Mail ↓ · Television Academy ↓
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