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Un apiculteur a inventé un piège révolutionnaire pour éradiquer le frelon asiatique

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frelon asiatique
frelon asiatique

Ils ont été nombreux à ne pas le prendre au sérieux. Ils doivent sans doute le regretter. Installé à Locmélar, à l’est de Brest, Denis Jaffré a longtemps été snobé par les principaux responsables de l’apiculture française avant d’être enfin reconnu par ses pairs pour son invention révolutionnaire.

Fatigué de voir ses colonies d’abeilles être mangées par les voraces frelons asiatiques, l’apiculteur breton a beaucoup réfléchi pour mettre au point un piège permettant de lutter efficacement contre ce fléau dont les premières apparitions en France remontent à 2005. « Je l’ai vu pour la première fois en 2009 autour de mes ruches. On vivait avec. Mais en 2016, j’ai perdu 35 colonies sur une centaine. C’était un vrai traumatisme pour moi. J’y pensais jour et nuit, je ne pouvais pas faire autre chose », explique Denis Jaffré.

Jusqu’à 150 reines capturées au printemps

En quatre mois, l’inventeur met au point un ingénieux système de capture qui ne s’en prend qu’aux reines, les seules capables de monter une colonie et contrôler un nid. Il fabrique des premiers prototypes grâce à une imprimante 3D et se fait aider par des étudiants en plasturgie de Questembert (Morbihan). Dès 2018, il se présente au concours Lépine​, où il remporte une médaille d’or aussi gratifiante qu’inattendue. « J’ai beaucoup étudié les frelons pour mieux les comprendre. J’ai capturé des reines et je les ai marquées pour mieux les observer. Au printemps, elles se battent pour avoir un nid. Si on arrive à les capturer, on empêche les colonies de se développer », assure Denis Jaffré. Depuis qu’il a installé ses pièges, l’apiculteur voit ses abeilles vivre normalement, sans crainte d’être mangées par les frelons, qui ont disparu du secteur. Dimensionnés au millimètre près et chargées de cire pour appâter, ses pièges sont très sélectifs et ne conservent que les reines, les plus gros spécimens de cette espèce. Ils peuvent en capturer jusqu’à 150 au printemps.

De plus en plus sollicité par des collectivités et les professionnels du miel, le Breton a créé son entreprise JabeProd et se présente comme une alternative d’avenir aux destructions de nids opérées par dizaines de milliers chaque année en France. « En 2019 dans le Finistère, on a détruit 6.000 nids. Et pourtant, il y en a toujours autant. Cela montre bien que le curatif n’a aucun effet sur la prolifération de l’espèce car à ce moment-là, les reines ont quitté le nid pour s’installer ailleurs ». Lui aussi détruit des nids, mais il vante une technique écologique qui ne fait pas appel à des produits chimiques dangereux pour la biodiversité. « Tout le monde s’en tape et l’Etat valide cette méthode. C’est à nous de leur faire remonter cette incohérence ».

De plus en plus de collectivités font appel aux services de sa société, qui voit son carnet de commandes déborder. Car les territoires français sont nombreux à vouloir se débarrasser de l’envahisseur asiatique. A Biarritz, 63 pièges ont ainsi été installés et seront progressivement déplacés afin de couvrir l’ensemble de cette zone que beaucoup décrivent comme infestée. Les abeilles apprécient, les apiculteurs sourient. Les habitants du coin aussi.

Written by Altho

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