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au procès des attentats de Grand-Bassam, le début de la reconstitution des faits

au procès des attentats de Grand-Bassam, le début de la reconstitution des faits


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Les quatre accusés du procès des attentats de Grand-Bassam, à Abidjan, le 30 novembre 2022.

Le procès tant attendu du premier attentat terroriste en Côte d’Ivoire a bien failli prendre une tournure différente, mercredi 30 novembre, lorsque les deux avocats de la défense ont demandé, avant le début du premier jour d’audience, la mise en « liberté d’office » des accusés pour des raisons de procédure. Maître Eric Saki, l’un des deux avocats dépêchés la veille par le Barreau de Côte d’Ivoire pour défendre les intérêts des accusés, a fait valoir qu’au regard du Code de procédure pénale, les suspects, arrêtés en 2016, ne pouvaient pas faire plus de vingt-quatre mois de détention préventive et qu’ils devraient donc être libres. Il a aussi souligné que le dernier arrêt de renvoi datait du mois de mai, soit au-delà du délai de six mois prévu par la loi.

Après quelques minutes de suspension de séance, le président du tribunal criminel a jugé sa juridiction « incompétente » sur ces points et, passant outre, a déclaré ouverts les débats sur l’attaque qui avait fait 19 morts et 33 blessés dans la station balnéaire de Grand-Bassam, le 13 juillet 2016, et avait été revendiquée par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

« Ils vont vous rafler »

Une vidéo de la reconstitution des faits sur les lieux du drame a d’abord été diffusée dans la salle, devant les familles des victimes. Elle retrace la logistique de l’attaque, la cache des armes dans la voiture, le lieu où les terroristes ont logé avant leur forfait. Le parcours des trois assaillants sur la plage de Grand-Bassam, alors bondée en ce dimanche ensoleillé, est ensuite détaillé. Ainsi que l’assaut des forces spéciales, arrivées quarante-cinq minutes après l’attaque. Les trois assaillants seront abattus et trois membres des forces de l’ordre succomberont à la riposte des terroristes.

Sur les 18 hommes inculpés, seuls quatre sont présents au procès. Les autres seraient détenus au Mali ou en fuite. Ils répondent à des faits « d’actes terroristes, assassinat, tentative d’assassinat, recel de malfaiteurs, détention illégale d’armes à feu et de munitions de guerre et de complicité desdits faits ». Mais les quatre hommes ne sont que des « petites mains », des maillons de l’attaque qui auraient aidé les cerveaux pour le transport, l’hébergement et le repérage. Les hommes ont été arrêtés peu après l’attentat, et auraient un lien avec Kounta Abdallah, dit Kounta Dallah, qui serait aujourd’hui en fuite et présenté par la justice comme le « superviseur ».

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Mohamed Cissé, 52 ans, est le premier à avoir été entendu mercredi. Chauffeur d’origine malienne, il réside à Adjouffou, quartier d’Abidjan où se serait installé Kounta Dallah. L’homme dit avoir conduit le « superviseur » plusieurs fois pour différentes courses, dont une à Grand-Bassam. Ce jour-là, Kounta Dallah est avec un autre homme, qu’il présente comme son chauffeur. Les deux hommes souhaitent visiter la plage pour ce qui semble être du repérage. « Je pensais qu’ils n’avaient jamais vu la plage et qu’ils voulaient voir la côte, vu qu’ils venaient du Mali », répond l’accusé qui dit ne rien connaître de la vie de Kounta Dallah, à part qu’il vient d’une famille de marabouts très respectée au Mali.

Le jour de l’attentat, Mohamed Cissé s’inquiète pour les deux hommes et les joint au téléphone : « Je leur ai dit : “Si vous ne faites pas attention à vous, ils vont vous rafler” », déclare-t-il en semant le trouble dans la salle d’audience. Il explique alors qu’il voulait prendre soin d’eux parce qu’ils ne connaissaient pas bien les lieux. Le lendemain de l’attentat, Mohamed Cissé conduit Kounta Dallah à l’aéroport et le deuxième homme à la gare de Koumassi à Abidjan. Ce dernier lui remet la voiture qui a servi à cacher les armes. Celle-ci sera retrouvée près du domicile du chauffeur malien à Adjouffou.

« Comme avec un client normal »

Mohamed Cissé dit avoir travaillé avec le « superviseur » comme avec un client normal. « Il me payait à chaque fois 10 000 ou 12 000 francs CFA [15 ou 18 euros] », se rappelle-t-il. « Si vous aviez eu connaissance de ses intentions, l’auriez-vous aidé ? », demande la cour au prévenu, qui répond par la négative : « Il aurait fallu qu’il marche sur mon corps avant. »

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Alors que la parole est à la défense, Me Eric Saki lui pose des questions sur sa famille. « J’ai cinq enfants dont un au Mali, le malheur est tombé sur nous. Ma femme est partie, mes enfants sont seuls, on ne peut plus parler de leur avenir », confie-t-il, avant de fondre en larmes.

L’interrogatoire des autres accusés doit se poursuivre jeudi. Viendront ensuite à la barre les témoins. Sur un peu plus de 80 appelés par le président, près d’une vingtaine d’entre eux ont répondu présent. Ils témoigneront la deuxième et troisième semaine du procès qui doit se terminer le 22 décembre. Les accusés quant à eux risquent la prison à perpétuité.

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Written by Sonia

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