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Robert Mercer, l’homme de la propagande pro-Trump

Robert Mercer

Monde

Robert Mercer, l’homme de la propagande pro-Trump

Robert Mercer, l’homme de la propagande pro-Trump

Robert Mercer, l’homme de la propagande pro-Trump

Ex-informaticien de génie devenu gestionnaire de fonds spéculatif, le milliardaire a été un acteur-clef de l’élection du président américain. Proche de Steve Bannon, le stratège en chef de la Maison-Blanche, il finance un véritable empire de persuasion de masse sur internet

Le 16 février, Donald Trump a déclaré aux membres de la presse mondiale qu’ils étaient des menteurs. “La presse, franchement, est hors de contrôle, leur a-t-il asséné. Les gens ne vous croient plus.” Il a accusé CNN de colporter des “fausses nouvelles”. Quant à la BBC, elle est, selon le président américain “championne” à cet exercice.

Ce soir-là, j’ai fait deux choses. Tout d’abord, j’ai tapé “Trump” dans la fenêtre de recherche de Twitter. Mon fil racontait que le type était cinglé et délirant. Mais ailleurs, ce n’était pas du tout la même chanson. Les résultats ont fourni toute une série de “Go Donald !!!”, “Montre-leur un peu !”, accompagnés de pouces en l’air et d’emojis en forme de drapeau américain.

Trump avait parlé et son public l’avait entendu. Ensuite, dans la recherche Google, j’ai tapé “les médias mainstream [traditionnels] sont…”. Et j’ai découvert les suggestions proposées pour terminer ma phrase : “les médias mainstream sont… morts, agonisants, menteurs, bidon, finis”. Sont-ils vraiment morts ? me suis-je demandé. La fausse information a-t-elle gagné ? Est-ce nous aujourd’hui qui sommes les menteurs ? Les médias mainstream – nous, moi – sont-ils en train de mourir ?

Le plus gros contributeur de Trump
Je clique sur le premier lien proposé par Google. Il me dirige vers un site nommé CNSnews.com, qui affiche un article intitulé : “Les médias mainstream sont morts.” J’apprends qu’ils sont morts parce qu’on ne peut plus les croire. Comment un site obscur dont je n’avais jamais entendu parler a-t-il pu dominer l’algorithme de recherche de Google sur ce sujet ? En cliquant sur l’onglet “About us” [“À propos de nous”] j’apprends que CNSnews est la propriété du Media Research Center, qu’un nouveau clic de souris définit comme un “organe de surveillance des médias américains” qui revendique “un engagement sans faille pour la neutralisation des biais gauchisants dans les infos, les médias et la culture populaire”.

Après quelques clics supplémentaires, je découvre qu’une bonne partie de son financement – plus de 10 millions de dollars (9,5 millions d’euros) au cours de la dernière décennie – provient d’une source unique : le milliardaire gestionnaire de fonds spéculatifs Robert Mercer.

Mercer, c’est l’argent derrière Donald Trump. Il a été le plus gros contributeur à sa campagne. Mercer a d’abord soutenu Ted Cruz, mais lorsque celui-ci a été éliminé des primaires républicaines, il a mis son argent – 13,5 millions de dollars – dans la campagne de Trump.

Un proche de Steve Bannon
Informaticien, brillant mais solitaire, il a débuté chez IBM, où il a réalisé des avancées “révolutionnaires” dans le traitement du langage – une science qui est devenue essentielle dans le développement actuel de l’intelligence artificielle – avant de devenir directeur général délégué de Renaissance Technologies, un fonds spéculatif qui gagne de l’argent en utilisant des algorithmes pour modéliser et spéculer sur les marchés financiers.

L’un de ses fonds, Medallion, qui ne gère que l’argent de ses employés, est le plus rentable du monde – il a rapporté à ce jour 55 milliards de dollars. Et depuis 2010 Mercer a fait don de 45 millions de dollars (42,3 millions d’euros) à différentes campagnes politiques – toutes républicaines – et de 50 autres millions de dollars à des organisations à but non lucratif – toutes ultraconservatrices.

Robert Mercer s’exprime très rarement en public et ne parle jamais aux journalistes, de sorte que pour se faire une idée de ses convictions, il faut observer à quoi il utilise son argent. Mercer possède une série de yachts (tous baptisés Sea Owl) et un circuit de train électrique de 2,9 millions de dollars ; il finance un think tank climatosceptique, le Heartland Institute, et pratique ce qui est peut-être l’ultime jeu des milliardaires : la perturbation des médias traditionnels. Pour cela il bénéficie du concours de son proche associé, Steve Bannon, ex-directeur du site Breitbart News, ancien directeur de campagne de Trump devenu aujourd’hui son principal conseiller stratégique.

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