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« Penelopegate » : la vengeance de Sarko?

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Politique

« Penelopegate » : la vengeance de Sarko?

En quoi le secrétaire général de l’Elysée, proche d’Emmanuel Macron, pourrait-il être à l’origine de la révélation ? En quoi les rancœurs à l’égard de François Fillon peuvent-elles en être à l’origine, notamment suite à ce qui a été appelé « l’affaire Jouyet-Fillon » ?

Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Elysée est d’abord proche de son patron direct qu’il voit tous les jours, le président de la République.

Hollande n’en est certes pas à un coup tordu près comme le montrent plusieurs livres récents. En revanche toute manœuvre qui affaiblirait Fillon serait d’abord profitable à Macron, dont il est un soutien actif. Si l’on considère que ni le candidat socialiste (quel qu’il soit), ni Mélenchon ne seront au second tour, et que Marine Le Pen y sera, quoi qu’on fasse dire aux sondages, la course principale est entre Fillon et Macron.

L’enjeu est essentiel. L’élection française arrive à un moment crucial de l’histoire : le Brexit, l’élection de Trump, la montée en puissance de Poutine.
Face à cela, l’Europe est bien mal en point: Merkel, Hollande, l’équipe Rienzi en Italie, Juncker, en fin de course, sont devenus des zombies. Pour ceux qui craignent une vaste remise en cause de l’ordre mondialiste et européiste, parmi lesquels il faut compter quelqu’un comme Jouyet bien entendu et d’autres en France et à l’étranger, l’élection française représente un enjeu capital. Si le futur président français échappait au courant dominant, comme Trump, ce serait la fin d’un monde.

Ces gens là sont arrogants et aujourd’hui sur la défensive. Ils veulent une allégeance totale éliminant tous les risques de déviance. François Fillon a certes donné des gages à ce courant, notamment par la place qu’a prise auprès de lui un Henri de Castries ou encore par la rigueur, si débattue, de son programme. On n’imagine pas qu’il secoue comme Samson les colonnes du temple. On peut penser néanmoins que dans certaines officines, pas forcément françaises, il ne soit pas considéré comme un homme sûr, du fait en particulier de sa volonté d’améliorer les relations avec la Russie.

Fillon-Le Pen au second tour, Fillon gagnera sans coup férir. Macron-Le Pen : ce serait un choc frontal entre les deux France, celle d’en haut et celle d’en bas d’une violence inouïe. D’un côté tout ce que les Français rejettent et qu’incarne Macron, et de l’autre, une protestation radicale avec un programme de rupture forte incarnée par Marine Le Pen. La bataille serait terrible. Même s’il peut espérer ratisser large dans l' »arc républicain » (avec sans doute beaucoup de pertes à gauche), Macron n’a pas, à mon sens, cette légitimité profonde qui lui permettrait de l’emporter.

 la vengeance de l’affaire Jouyet-Fillon ?
Les faits remontent à 2014. A l’époque les deux hommes se sont fâchés. François Fillon a poursuivi Jean-Pierre Jouyet pour diffamation après que le secrétaire général de l’Elysée ait révélé que l’ancien Premier ministre avait déclaré à propos de Nicolas Sarkozy « mais tapez le, tapez le vite »! (afin d’écarter l’ex-président, son rival potentiel de la primaire, menacé par de affaires judiciaires). Gérard Davet et Fabrice Lhomme, les deux journalistes du Monde avaient rapporté ces propos. François Fillon a non seulement démenti mais il a attaqué le secrétaire général de l’Elysée en justice pour diffamation. La polémique avait été très violente. Depuis, Jean-Pierre Jouyet a été relaxé par la Justice en première instance et en appel.

Nicolas Sarkozy a la dent dure et la rancune facile
«Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen», avait lancé M. Fillon, après avoir indiqué qu’il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable. M. Sarkozy est mis en examen dans deux affaires.

«Il y a beaucoup de gens qui sont contre les primaires parce qu’ils ont peur que la droite revienne à ses démons de la division», a dit M. Sarkozy. L’ancien président de la République trouverait «parfaitement ridicule de se déchirer sous les yeux ébahis des Français qui souffrent et sont inquiets». François Fillon a maintenu cette formule. «On a un problème de probité» en politique. «Vous avez 18 millions à l’UMP qui ont disparu et que personne n’a retrouvés», a-t-il dit, en référence à l’affaire Bygmalion.

Quelques mois plus tard, le « Penelope Gate » est il l’illustration de cette « rancune au coeur » d’un Nicolas Sarkozy adepte de la loi du talion ?

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