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Qu’un seul suspect dans la tuerie de la mosquée à Québec

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Qu’un seul suspect dans la tuerie de la mosquée à Québec

Les policiers ont arrêté l’auteur présumé de la fusillade qui a fait 6 morts, dimanche soir, à la grande mosquée de Québec, dans Sainte-Foy. Il s’agit d’un jeune homme de 27 ans, Alexandre Bissonnette.

Un autre homme avait été arrêté, puis relâché. Il n’est plus considéré comme suspect.

Pour sa part, Alexandre Bissonnette, 27 ans, vit à Cap-Rouge. Il a étudié en anthropologie et en science politique à l’Université Laval.
Alexandre Bissonnette a été interrogé par les policiers et demeure sous les verrous. On ignore le moment de son éventuelle comparution. Le suspect n’est pas connu des policiers. «Rien ne laisse croire qu’il y aurait d’autres suspects», a précisé la porte-parole Christine Coulombe, de la Sûreté du Québec (SQ).

Parmi les six victimes, on retrouve deux Algériens, un Marocain, un Tunisien et deux citoyens d’Afrique subsaharienne, a appris Le Journal. Une liste des victimes a été remise dimanche soir par les autorités à des leaders de la communauté musulmane de Québec.

«Terrorisme»
Dès 22 h, dimanche, les autorités ont déployé la «structure de gestion policière contre le terrorisme» qui implique la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la SQ, la police de Québec et la police de Montréal.

Le premier ministre québécois Philippe Couillard avait lui aussi qualifié la fusillade d’attentat terroriste. En point de presse, lundi, ce dernier a déploré que la communauté musulmane ait été prise pour cible. «Ces personnes lâchement assassinées l’ont été parce qu’elles faisaient partie de cette communauté». Il a aussi souhaité «que la paix soit avec vous», en Arabe, aux leaders de la communauté qui étaient présents lors du point de presse à l’hôtel de ville de Québec.

Ces derniers, quatre hommes et une femme, se sont montrés consternés et très émus devant ce geste incompréhensible, mais aussi touchés par les expressions de solidarité. Ils demandent l’aide des autorités pour renforcer la sécurité dans les moquées. Le maire Régis Labeaume a réitéré que la Ville était «au service» de leur communauté en ces temps difficiles. L’attentat a créé une véritable onde de choc au pays et a suscité des réactions partout dans le monde, notamment de la mairie de New York et du Vatican. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, est aussi attendu à Québec.

Une manifestation de solidarité est aussi organisée devant la mosquée, angle Chemin Sainte-Foy et route de l’Église, à 18h. Le surintendant de la GRC Martin Plante indique qu’effectivement, les terroristes veulent «causer une crainte publique par des activité violentes» et qu’ils ont des «motivations idéologiques, religieuses ou politiques».

Mise à jour des policiers
Les représentants des corps policiers ont fait le point lundi matin, mais n’en ont pas dit beaucoup plus. La police de Québec a cependant confirmé l’arrestation d’un suspect à la mosquée du chemin Sainte-Foy et d’un autre dans la bretelle d’accès au pont de l’île d’Orléans. Rappelons cependant que l’un d’eux n’est plus soupçonné.

«Vers 20 h 10, le deuxième suspect communique avec la centrale 911, il mentionne être armé, parle de son geste, et semble vouloir collaborer», raconte l’inspecteur Denis Turcotte, des enquêtes criminelles du Service de police de la Ville de Québec. Il a été arrêté après l’intervention du Groupe tactique d’intervention. Pas moins de 275 policiers ont travaillé ou travaillent dans le dossier. Lundi, ils interrogent entre autres les 39 personnes qui se trouvaient à l’intérieur du Centre culturel islamique et qui s’en sont tirées indemnes.

Des perquisitions pendant la nuit
Les policiers sont demeurés actifs toute la nuit de dimanche à lundi et ont mené deux perquisitions au petit matin. Ils refusent cependant de dire s’il s’agit des domiciles des suspects.

Une opération policière se déroule lundi matin dans une résidence située sur le chemin des Quatre-Bourgeois, soit à quelques mètres à peine de la grande mosquée de Québec où sont survenus les attentats terroristes, dimanche soir. Une opération policière se s’est déroulée mardi matin dans une résidence située sur le chemin des Quatre-Bourgeois, soit à quelques mètres à peine de la grande mosquée de Québec où sont survenus les attentats terroristes, dimanche soir.

Une autre perquisition a eu lieu dans le secteur de Cap-Rouge, rue du Tracel. Le pont de l’Île d’Orléans a été fermé pendant plusieurs heures, mais les dernières entraves ont été levées vers 6 h 10. Le chemin Sainte-Foy est toujours fermé à la circulation, lundi midi.

Bilan des blessés
Le CHU de Québec confirme lundi matin que les médecins craignent toujours pour la vie de trois personnes et que deux autres sont dans un état critique. En outre, 14 personnes ont reçu leur congé. Les personnes décédées étaient âgées de 35 et 70 ans, approximativement. Selon le Collectif canadien anti-islamophobie, l’imam de la mosquée, le frère Azeddine, également père de famille, fait partie des victimes.

La fusillade a eu lieu juste après la prière d’Al Isha, la dernière des cinq prières quotidiennes musulmanes. Selon un témoignage recueilli par Le Journal, une des victimes aurait été tuée alors qu’elle tentait de désarmer un assaillant. Selon TVA Nouvelles, un des suspects se serait rendu et la police aurait saisi au moins un AK-47 en sa possession.

En panique après la fusillade
Vers 21 h 30, des familles musulmanes accouraient sur les lieux, en panique, à la recherche de leurs proches. Le périmètre de sécurité était tellement large que les gens devaient souvent se contenter de regarder la mosquée de loin en passant des coups de fil pour tenter d’avoir des nouvelles.

Autres témoignages
Un témoin, qui n’a pas voulu s’identifier, a indiqué ceci au Journal. «Mon père était à l’intérieur. Ils sont entrés après la prière, quand tout le monde discute ensemble. Certains avaient déjà quitté, mais il restait beaucoup de gens.». Selon lui, «c’est totalement gratuit. Tous ces gens-là n’avaient rien fait. Absolument rien. Des innocents. Jamais j’aurais pensé que ça nous arriverait ici à Québec. J’ai toujours senti que j’étais en sécurité, mais ce soir je me pose des questions.»

Une autre source a précisé ceci. «À cette heure le samedi, des enfants suivent des cours ici. Hier (samedi) j’étais là avec mes petits. C’est incroyable de s’en prendre à des gens qui n’ont rien demandé comme ça (…) J’essaie de joindre mon ami qui était ici ce soir. Je n’ai aucune réponse et je suis inquiet. Nous sommes tous dans l’incertitude. Nous sommes dans le néant.»

Idriss Kefi se trouvait sur l’avenue Myrand, non loin de la mosquée, lorsqu’il a reçu les premières informations de la fusillade sur la page Facebook du CCIQ. Il s’est rapidement rendu sur les lieux où le périmètre de sécurité venait à peine d’être mis en place. Ramzi Ibn Abdallah, arrivé en même temps que M. Kefi, a ajouté que «les gens avait peur et ne croyaient pas à ce qui se passait». Dans la nuit du 18 au 19 juin 2016, une tête de porc emballée dans un paquet cadeau avait été déposée à l’entrée du lieu de cette même mosquée.

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